Le lavoir de Mans

Il est loin le temps où il y avait, à Mans, beaucoup plus d’habitants qu’aujourd’hui, une vingtaine d’exploitations agricoles, deux cafés avec leurs jeux de quilles qui, chaque dimanche à la belle saison, procuraient un loisir à la jeunesse des environs. C’était le temps où il n’y avait aucune route goudronnée, où l’on arrachait l’eau du puits, où l’hiver il fallait mener boire les bêtes à la fontaine. C’était aussi le temps où les femmes allaient laver au lavoir, elles appréciaient, faute de mieux, leur condition, l’eau ne gelait jamais, au contraire, elle fumait quand il faisait froid. Si parfois vous passez vers le lavoir, ne vous étonnez pas du panneau « Ne charriez pas d’eau le lundi », il n’est pas d’hier. Quand on charriait de l’eau, ça baissait le niveau et les laveuses s’en plaignaient. Ce panneau n’a plus de raison d’être, c’est un souvenir. C’était le temps où l’on était pas riche, mais dont on garde de bons souvenirs.

Extrait du texte de Francis Verchère (maire honoraire) que l’on peut lire ici