Le Château du Vieux Bourg


EXTRAIT DE L’ÉCHO DU 19 MAI 1844

RUINES DU CHÂTEAU DE DYO

Le château de Dyo, situé à peu près à mi-chemin de Charolles à La Clayette à gauche de la route, et assis sur un monticule, au milieu d’un vallon, a donné le nom à une très ancienne et très illustre maison du ci devant Brionnais. Elle portait les armoiries de Bourgogne, bandées d’or et d’azur de six pièces à la bordure de gueules. Les seigneurs de Dyo ont leurs tombeaux dans l’église de l’ancien prieuré de Saint-Germain-des-Bois, dont ils furent les fondateurs aux onzième siècle.

Nous pensons que c’est bien à tort que Courtépée, auteur d’une description historique et topographique du duché de Bourgogne, conteste à cette famille le titre de comte palatin, sur la foi de  » Le Laboureur « , auteur des Masures de l’Île Barbe, près Lyon, dont il cite ce passage :  » Alix Palaine ou Palatin, mariée en deuxième noces, en 1336, à Guy de Dyo, laissa de grands biens à Antoine, l’un de ses fils, chargé de porter son nom et ses armes  » .

Pour justifier notre opinion, nous dirons d’abord que nous avons lu des sentences de la justice seigneuriale de Dyo, rendues en 1772 et 1780, où la qualification de comté et palatinat était écrite en toutes lettres dans la formule exécutoire, et un contrat de bail à rente, à la date du 31 juillet 1750, où le titre de comtesse Palarine de Dyo est donné à Madame Angélique de Gassion, femme de Louis-François Damas, comte de Thiange d’Anlezy, et descendante des seigneurs de Dyo. Nous avons peine à croire que cette usurpation de titres, en, supposant qu’elle ait pu être commise par la maison de Dyo, eût été soufferte par la justice royale, et se soit ainsi perpétuée dans cette famille jusqu’à ce jour où toute qualification féodale était un crime dont la peine était l’échafaud.

Ensuite nous nous appuierons sur la généalogie de cette noble famille, que nous demandons à nos lecteurs la permission de rapporter ici ; car elle démontre que, bien avant 1336, ce titre de palatin appartenait aux ancêtres de la maison de Dyo, et prouve ainsi l’erreur de notre historien sur la manière dont il aurait été usurpé par celle-ci.

Le premier qui fut qualifié Sire de Bourbon est Aimard, qui descendait des anciens comtes Palationd de Bourgogne ; il vivait sous Charles le Simple, et jeta, en l’année 921, les fondations de la célèbre abbaye de Sonvigny en Bourbonnais. Il eut deux fils, Girard et Archambaud ( Archimbaldus ), deuxième du nom.

Ancel ou Anceau, fils ainé de ce dernier, fut seigneur de Bourbon-Lancy, auquel il donna son nom. Son frère puiné fut sire de Bourbon-l’ARCHAMBAULT;

Archambaud, dixième du nom, mourut en Chypre en 1249 ; il fut le dernier de ce nom. Il ne laissa que deux filles, dont l’une, Agnès de Bourgogne, épousa Jean de Bourgogne, comte de Charollais, fils de Hugues IV, duc de Bourgogne.

Béatrix de Bourgogne, leur fille, épousa, en 1271, Robert de France, comte de Clermont en Beauvoisis, quatrième fils de saint Louis. Elle fut, disent les historiens, d’une si rare beauté, qu’elle fit naître chez ce prince une violente passion ; car il l’épousa contre le gré du roi son père.

Antoine de Dyo, premier de ce nom, leur fils, était chevalier, seigneur de Montperroux en Autunois et de Saint-Beurry en Auxois ; il épousa Alis, dame de Bresses, et non pas Alix Palaine ou Palatin, comme le dit Le Laboureur.

Leur fils, Pierre et non Guy, Palatin de Dyo, fut marié à dame Aliénor de Maubec.

Jean Palatin de Dyo, leur fils aîné, était chevalier de Saint-Beurry et baron de Montperroux, par donations de Philibert et Philippe de Bourbon, ses oncles. Il eut de son union avec dame Marie de Traves, entre autres enfants.

Jacques Palatin de Dyo, qui en 1560, épousa Jeanne de La Guiche, fille de Pierre de La Guiche, seigneur de Chaumont en Charollais.  » Ce Jacques  » de Dyo fut, dit Saint Julien de Baleure, l’un des plus accomplis gentilshommes de son temps, sans grandes lettres que j’aie vu, et dirai de lui qu’en toutes compagnies, il était tantôt cogneu, grand seigneur, fort affable, gracieux en propos et bien homme de bien.

De ce mariage naquirent 12 enfants ( 6 fils et 6 filles ) :

    1° Pierre, mort à la fleur de l’âge, sans avoir été marié ;

    2° Jean Palatin de Dyo ;

    3) Claude de Dyo, baron de Montperoux, élus de la noblesse de Bourgogne aux Etats généraux, en 1581 ;

    4° George de Dyo chevalier de Malte mort en combattant vaillamment contre les Turcs ;

    5° Philibert de Dyo, seigneur de la Roche, près Saulieu, nommé du propre mouvement de Charles IX, président au Parlement de Paris,  » pour ses savoirs et vertus,  » dit Saint Julien de Baleure ;

    6° Et enfin Jacques, deuxième nom, chevalier de Malte, ambassadeur de Rome sous Henri III, et élu de la noblesse en 1622…

à suivre