Le Moulin de Conche

moulin_9420

Extrait du Journal de Saône et Loire du mardi 28 juillet 2009

Le moulin de Conche reprend vie grâce au tourisme vert

moulin_3940      moulin_3945

À l’époque napoléonienne, plus de 1000 moulins étaient recensés en Saône-et-Loire. Aujourd’hui, ce chiffre a bien baissé et les moulins en activité se font de plus en plus rares.

À Dyo, petite commune du Brionnais, trois moulins étaient encore en activité à la fin du XIXe siècle. À ce jour, deux ont été détruits. Le troisième, situé au hameau de Conche, revit depuis 2001. Laissé à l’abandon, ce moulin a été racheté par un couple de la commune, Henri et Joëlle Colin, afin de le rénover et de le transformer en gîtes. «Mais il y avait trop de travaux dans le moulin. Les fenêtres étaient au Nord. Il aurait fallu tout détruire et cela nous faisait mal au cœur de démolir toutes les machines, confie le propriétaire. Nous avons donc décidé de construire les gîtes dans les dépendances. »

Le premier a été créé dans une ancienne écurie jouxtant un admirable petit étang. Les travaux ont duré 5 mois. « Il n’y avait aucune ouverture côté étang, juste trois lucarnes. Nous avons donc percé des fenêtres afin d’améliorer la vue ». Le résultat est frappant est la vue magnifique. «Nous avions l’agrément des gites de France depuis huit jours quand on nous a trouvé nos premiers locataires. C’était un couple cosmopolite. Le mari était autrichien et son épouse anglaise. Nous avons ensuite accueilli des Picards et depuis tout s’est enchainé. Le petit gîte fonctionne très bien. »

Satisfait de la réalisation du premier gîte, Henri enchaine alors avec la création d’un second. Mais là les travaux vont durer plus longtemps. Beaucoup plus longtemps. « L’hiver 2003, six vaches habitaient les lieux. Aujourd’hui, c’est la cuisine. » Tout a été rénové laissant apparaitre les pierres de la grange dans le salon où la cheminée est très appréciée les soirs d’hiver. « Il a fallu tout rabaisser, creuser le sol, déplacer le chevêtre sur un côté et faire l’escalier.»

     moulin_3959

Désormais, trois chambres sont disponibles au premier étage et le chauffage au sol a été installé au rez-de-chaussée. Depuis la fin des travaux, Henri n’a pas cessé l’entretien pendant que son épouse Joëlle accueille les clients. Ils ont désormais une idée derrière la tête. Remonter la roue a été coupée au chalumeau puis vendue à la fin des années 1980. « La roue est indispensable. C’est l’âme du moulin. J’aimerais commencer la reconstruction cette fin d’année. Le projet serait de faire tourner la roue pour de grandes occasions comme des journées moulins. »

Car depuis le mois d’avril dernier, le moulin de Conche fait partie de l’association des moulins de Saône et Loire et depuis deux journées Portes ouvertes ont déjà été organisées accueillant à chaque fois un grand succès. « Mais un moulin sans roue ce n’est pas vraiment un moulin », confie Henri »Véritablement déterminé à la faire tourner du bon côté.

moulin_8100     moulin_3949
PAROLES D’EXPERT

Maurice Fougerat (ancien meunier)

« Le moulin tournait six mois de l’année »

Le moulin de Conche est un moulin à trois tournants. La première roue entrainait les meules alors que la deuxième faisait tourner une huilerie qui était au rez-de-chaussée du moulin.
Jusqu’en 1955, la famille Busseuil y faisait de la farine panifiable. Puis le moulin a été loué à mon père et nous avons refait de la farine pour les animaux. J’ai repris la location de 1964 à 1973. Date à laquelle le moulin s’est définitivement arrêté de tourner. Durant toutes ces périodes, il y a eu quelques employés, mais c’était surtout une entreprise familiale.
En 1959, mon père avait fait rénover entièrement la roue à auges. Le niveau d’eau permettait de tourner à 100 % grâce à la roue pendant six mois de l’année. À l’époque, les besoins étaient différents. À la campagne, les gens apportaient leur blé en octobre/novembre pour le faire moudre et le garder pendant six mois au grenier. À ma connaissance, c’est un des rares moulins où les deux paires de meules en silex existent.
À Dyo, deux autres moulins ont également existé en dessous du viaduc de «La Côte» et à Coptier. Ils ont tous les deux été détruits et aujourd’hui, on ne retrouve même plus les vestiges. »

LE FOUR À PAIN ATTIRE LA CURIOSITÉ

Dans la cour du moulin, Henri Colin a fait renaître l’an dernier le four à pain. « Autrefois, c’était déjà un fournil mais malheureusement une partie avait été détruite pour construire un quai où l’on y chargeait les camions. Le four faisait partie du patrimoine du moulin, c’est la raison pour laquelle j’ai décidé de le reconstruire. »
Depuis ce jour, le four attire la curiosité de tous les visiteurs. « Le pain intéresse beaucoup les gens, constate Henri. Cet été, nous avons organisé notre première fête du pain. Le temps n’était pas de la partie, mais elle a tout de même été très réussie et tous les présents ont apprécié la dégustation. » Et depuis le four ne cesse de fonctionner. « On fait souvent du pain. Dernièrement, nous avons fait un repas d’amis et tout le monde a apprécié le pain fait maison. » Il faut dire qu’Henri est un maître en la matière du pain à l’ancienne. « J’avais déjà un petit four à mon domicile, mais celui-ci est plus spacieux.» Et il fait le bonheur de tous les amateurs de bons pains.

moulin_3951     moulin_3954

fete-du-pain-012     fete-du-pain-014

moulin_3943           fete-du-pain-004

fete-du-pain-003